Techniques & méthodes

LiDAR ou photogrammétrie par drone : comment choisir ?

Guide technique · 7 min de lecture

C’est la question qui revient dans presque chaque projet de relevé par drone. LiDAR et photogrammétrie produisent tous deux un nuage de points 3D, mais reposent sur deux principes opposés et n’excellent pas sur les mêmes terrains. Voici comment trancher, sans jargon inutile.

Deux principes fondamentalement différents

La photogrammétrie reconstruit la 3D à partir de photographies. En croisant des centaines de clichés qui se recouvrent, un algorithme calcule par stéréoscopie la position de chaque point visible sur au moins deux images. C’est une mesure passive : elle ne voit que ce que l’appareil photo voit.

Le LiDAR (light detection and ranging) est une mesure active : le capteur émet des impulsions laser et chronomètre leur retour pour calculer des distances. Monté sous drone, il balaie le terrain en 240 000 points par seconde et, surtout, chaque impulsion peut produire plusieurs échos successifs.

La différence qui change tout : la végétation

C’est le critère décisif. Sous un couvert végétal, la photogrammétrie s’arrête à la cime des arbres : elle ne « voit » pas le sol. Le LiDAR, lui, envoie des rayons dont une partie se faufile entre les feuilles et touche le sol. En isolant ces derniers échos, on reconstitue un modèle numérique de terrain fiable, même sous forêt ou bocage.

Règle simple : dès qu’il y a de la végétation entre le drone et le sol que vous voulez mesurer (forêt, friche, talus enherbés, versants), le LiDAR s’impose. Sur une surface dégagée, la photogrammétrie suffit et coûte souvent moins cher.
Modèle numérique de terrain ombré restitué par LiDAR
Modèle numérique de terrain restitué par LiDAR : le sol est reconstitué même sous le couvert végétal.

Ce que chacun fait de mieux

La photogrammétrie brille pour :

  • l’orthophotographie haute résolution (jusqu’à quelques mm/pixel) et les modèles 3D texturés, photoréalistes ;
  • les façades et le patrimoine, où la texture et le détail visuel comptent ;
  • les terrains dégagés : carrières à ciel ouvert, chantiers, toitures.

Le LiDAR brille pour :

  • le sol sous végétation : forêt, archéologie, risques naturels ;
  • les structures fines (câbles, poteaux, garde-corps) qui piègent la photogrammétrie ;
  • une densité géométrique homogène, y compris sur les surfaces peu texturées (neige, sable, eau calme).
Orthophotographie haute résolution issue de photogrammétrie
Orthophotographie haute résolution issue de photogrammétrie : détail visuel et texture que le LiDAR ne fournit pas.

Et la précision ?

Sur des points d’appui géoréférencés au GNSS RTK (précis à ±1 cm), un relevé photogrammétrique atteint ±3 cm et un relevé LiDAR ±5 cm en planimétrie comme en altimétrie. La photogrammétrie est donc légèrement plus précise sur une surface propre ; mais cette précision ne vaut rien si le capteur ne voit pas le sol. Sur un versant boisé, un LiDAR à ±5 cm bat toujours une photogrammétrie qui ne mesure que la canopée.

La vraie réponse : souvent les deux

Nos deux capteurs (le LiDAR Zenmuse L1 et la photogrammétrie du Matrice 4 RTK) tiennent dans un même déploiement. Sur beaucoup de chantiers, la bonne stratégie n’est pas de choisir mais de combiner : le LiDAR pour le sol et la structure, la photogrammétrie pour l’orthophoto et la texture. Vous obtenez un jeu de données complet, sans revenir sur site.

Questions fréquentes

Le LiDAR est-il toujours plus cher que la photogrammétrie ?
Le capteur LiDAR est plus onéreux, mais sur un terrain végétalisé il évite un levé au sol long et coûteux : le coût global est souvent inférieur. Sur surface dégagée, la photogrammétrie reste plus économique.

Peut-on obtenir une orthophoto avec du LiDAR ?
Le LiDAR seul ne produit pas d’image ; c’est la photogrammétrie qui fournit l’orthophoto. C’est pourquoi les deux se combinent souvent en un vol.

Quelle précision pour mon projet ?
±5 cm en LiDAR, ±3 cm en photogrammétrie, sur points de contrôle GNSS à ±1 cm. Le choix dépend surtout du terrain, pas seulement du chiffre.

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