MNT, MNS, MNE : comprendre les modèles numériques d’élévation
MNT, MNS, MNE : trois sigles proches, trois modèles différents. Savoir lequel commander évite les malentendus et garantit un livrable réellement exploitable. Le point complet, avec les usages, la façon de les produire et les erreurs à éviter.
Une même donnée d’origine, trois représentations
Les trois modèles dérivent du même nuage de points, issu d’un relevé LiDAR ou photogrammétrique. Ce qui les distingue, ce n’est pas la donnée brute, mais ce qu’on choisit d’en représenter : le sol seul, la surface visible, ou l’un et l’autre. La différence tient donc à une étape clé, souvent invisible pour le client mais déterminante : la classification du nuage.
MNT, le modèle numérique de terrain
Le sol nu, végétation et bâti retirés par classification. C’est le modèle de l’altimétrie réelle du terrain, indispensable en hydraulique, en études de terrassement, pour les profils, les pentes et les calculs de volumes. Sous couvert végétal, le LiDAR est décisif : lui seul atteint le sol entre les arbres, là où la photogrammétrie s’arrête à la canopée.
MNS, le modèle numérique de surface
La surface visible, sursol compris : cime des arbres, toitures, ouvrages, mobilier urbain. On l’utilise pour les gabarits, la covisibilité, le calcul de hauteurs d’obstacles, ou l’analyse d’ensoleillement et d’ombrage.
MNE, le modèle numérique d’élévation
Terme générique qui englobe MNT et MNS. Selon le contexte et les logiciels, il désigne l’un ou l’autre : d’où l’importance de préciser, à la commande, si vous attendez le sol nu ou la surface. Un simple malentendu sur ce point peut rendre un livrable inutilisable.

La classification, l’étape qui fait la différence
Passer du nuage brut au MNT suppose de trier chaque point : appartient-il au sol, à la végétation, à un bâtiment ? Cette classification, en partie automatique puis contrôlée, conditionne toute la qualité du MNT. Mal faite, elle laisse des « bosses » de végétation dans le terrain, ou au contraire creuse le sol sous un bâtiment. En LiDAR sous forêt dense, c’est un vrai savoir-faire : la quantité de points au sol y est faible, et leur bonne extraction fait la valeur du livrable.
Une soustraction très utile : la hauteur du sursol
MNS moins MNT donne la hauteur de tout ce qui dépasse du sol. En foresterie, ce modèle de hauteur de canopée sert à estimer la hauteur des peuplements et, couplé aux placettes de terrain, le volume de bois. En urbanisme, il donne la hauteur des bâtiments pour les études de gabarit ou d’ombrage. Une même paire de modèles, plusieurs analyses.
Quel modèle pour quel usage
- Terrassement, hydraulique, VRD, profils : MNT (sol nu) ;
- Gabarit, covisibilité, hauteurs d’obstacles, ombrage : MNS ;
- Hauteur de végétation ou de bâti : MNS moins MNT ;
- Étude de crue ou de ruissellement : MNT, éventuellement complété du bâti pour les écoulements urbains.
LiDAR ou photogrammétrie pour un MNT ?
Sur terrain dégagé, la photogrammétrie produit un excellent MNT, souvent plus économique. Dès qu’il y a de la végétation entre le drone et le sol, le LiDAR s’impose : ses échos multiples atteignent le sol, quand la photogrammétrie plafonne à la canopée. Le choix se fait donc d’abord sur la nature du terrain, pas sur une préférence d’outil.
Production, formats et précision
À partir du nuage géoréférencé, nous classons les points puis interpolons la surface retenue à la maille voulue. Chaque modèle est calé et vérifié sur points de contrôle (cf. notre article géoréférencement). Livraison en GeoTIFF géoréférencé, exploitable en topographie comme en plan topographique. Sur points de contrôle GNSS à ±1 cm, la précision est de l’ordre de ±5 cm en LiDAR et ±3 cm en photogrammétrie, en planimétrie comme en altimétrie.
Questions fréquentes
Quelle différence entre MNT et MNS, en une phrase ?
Le MNT représente le sol nu ; le MNS représente la surface visible, sursol compris (arbres, bâtiments).
Que veut dire MNE ?
Modèle numérique d’élévation : un terme générique qui englobe le MNT et le MNS. Mieux vaut préciser lequel est attendu.
Comment obtenir le sol sous une forêt ?
Par LiDAR : ses échos multiples traversent la végétation et atteignent le sol, là où la photogrammétrie s’arrête à la canopée.
Peut-on obtenir la hauteur des arbres ou des bâtiments ?
Oui : c’est la différence MNS moins MNT, le modèle de hauteur du sursol.
Quelle maille choisir ?
Celle qui correspond à l’usage : ni trop grossière (elle lisse le relief utile), ni trop fine (elle alourdit les fichiers). Nous la calons avec vous.
Dans quel format sont livrés les modèles ?
En GeoTIFF géoréférencé, à la maille de votre choix, exploitable en SIG et en CAO.
Un modèle numérique à produire ?
Dites-nous votre usage (terrain, surface, hauteurs) et la maille souhaitée : nous livrons le bon modèle. Devis sous 24 h.

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